Proto Yoga Mohenda-Daro circa 1500 av. JC

La Méditation Laya Yoga
ou
 la Voie  de la Résorption


Ma "transmission" du yoga thérapeutique   est de privilgégier la "fluctuation" de "mise au repos" (*) de la psyché doublée  d'une activation du corps subtil.
On aurait pu simplifier en disant Raja Yoga d'une part et Kundalini Yoga de l'autre. Pourtant, malgré le respect que je porte à  ces yogas pratiques, je n'userai pas de cette terminologie.
C'est que  je ne retiens que la fluctuation de mise au repos du Mental en absortion avec la vibration exempte de pensées de  l ' Energie se déployant...

Je n'adhère donc  pas aux définitions du yoga comme "joug" ou "union".
Les techniques enseignées sont par conséquent résolument  non violentes et non sectaires :
- non violentes : sont exclues les tentatives d' un  yoga entendu comme "joug" impliquant  "contrôle" volontaire personnel donc effort violent.
- non sectaires : sont considérées comme non nécessaires donc purement contingentes  les volontés de yoga  compris comme "union" ou  amalgame reli-gieux de quelque nature car je ne conçois pas l ' Ishvarapranidhana ainsi .

Pratiquer une posture de yoga (asanas) ce n'est pas être acrobate. 
Les souffles ou art de la respiration (pranayamas) n'ont rien à voir avec des performances pulmonaires. 
Développer son attention ou concentrations (egagratas) ne signifie pas un néant encéphalique - au contraire.
A la limite, postures, gestes, souffles, concentrations ne sont que des "moments" qui furent dûment répertoriés  mais non exhaustifs - loin de là - de la Voie de la Résorption ou Laya Yoga.

Travailler avec moi, ce sera  d'abord  mettre l'accent sur une vacuité mentale  couplée à la vacuité vibratoire de l' Energie qui spontanément et librement  se "présentifie",  "soigne" et ... oui là oui,  "relie" ......


NOTES
(*) "Le mot yoga est dérivé de la racine YUG-, celle qui signifie reposer, arrêter et il signifie mise au repos."

Le Yoga-Sutra de Patanjali / Le Yoga-Bhasya de Vyasa, Samadhipada I.1 pages 237-246,  Michel Angot, coll. Indika, Les Belles Lettres, Paris, 2012

(**) Glose de Vijnana Bhiksu : " Et ce Yoga est une propriété de tous les niveaux de fonctionnement du Mental"
Michel Angot note : "L'idée est que l'arrêt du mental n'est pas une mise à l'arrêt de ce mental , mais une propriété qui lui est inhérente. Ce fait s'avère décisif à partir du moment où l'homme doit maintenir  une expérience d' arrêt : la fluctuation du mental  'viksipta'  distrait  ou 'ekagra' focalisé  n'empêche pas le maintien du mental 'nirroddha' [arrêté]. En somme le Mental possède plusieurs propriétés dont celle d'arrêt se manifeste simultanément avec chacune des autres".

(***)  Cela correspond à mon expérience du  Samadhi cognitif durant lequel  la pure 'Je suis -tée" absolument  silencieuse  et radicalement non-pensante  percevait  distinctement  les activités du mental  sans pour autant s'y identifier ... 
J'en infère,  en usant de la nomenclature du Samkhya, du fait que  "la je-suis-tée"  (ici Mahat  au-delà de l' Ahamkara)  relève  de la Prakriti  et donc n'est qu'un principe, que c'est en réalité le Purusha qui "voit"...  mais ne pouvant être "vu". 

(****) ISVARA et ISVARAPRANIDHANA
Le Yoga Sutra de Patanjali  le mentionne  dans le premier  Pada et le second Pada :
Samadhipada : I.23, I.24 , I. 25 
Sadhanapada : II.1, II.32, II.45
Les traductions, les gloses, les interprétations et les pratiques sont extrêmement variées et parfois en contradiction les unes avec les autres.
Essai de définition :
Considéré comme un  Purusha spécifique "que ne touchent ni les facteurs de douleur, ni les actions, ni leur maturation ni les dépôts [d'actions]" , "en qui le germe de l'omniscience est indépassable", inconditionné par le Temps, Ishvara  est  le Maître  des premiers instructeurs et il aurait comme désignateur la syllabe AUM.
Suite à la dévotion envers Ishvara, le samadhi est proche.
Voilà ce qui laisse sérieusement à  penser que le Yoga de Patanjali était théiste voire à supposer qu'il y aurait eu plus anciennement  un Samkhya théiste. Ishvara dans ces perspectives est alors traduit comme Dieu ou Seigneur.

Pour ma part, sans pour autant rejeter d'aucune façon  ces lectures que je considère comme légitimes, ma vision qui s'inscrit dans la Voie de la Résorption se voudrait   plus pratique.
Dans le Samadhipada, le désignateur d'Ishvara sur laquelle doit se concentrer le Sadhaka dans Prakriti est littéralement  "la syllabe bourdonnante" : c'est aussi  l'ultime forme sonore, celle dite  des "abeilles bourdonnantes"  que prend le Nada "le son non frappé", dans la Hatha Yoga Pradipika quand Ishvari, la Souveraine des Serpents, finit de percer le troisième et dernier Noeud : alors  le yogi est semblable à Ishvara.
Dans le Sadhanapada du Yoga Sutra , l'invite de Patanjali  est de fondre le Mental en Ananta défini comme le "Sans Fin" - traduit aussi  par "infni", "éternel", Reste ou Résidu.
J'y perçois Shesha, aussi appelé Résidu ou Reste,  le Serpent  qui supporte toute la Création et gît, endormi, gardant la porte d'entrée de la Sushumna.

Que ceux qui ont oreilles entendent!

Bibibliothèque nationale de France : le Serpent Reste

Il faut maintenant aborder ce qui est plus qu’un détail, un motif récurrent de la cosmologie hindoue : très souvent Vishnu est représenté à proximité d’un énorme cobra polycéphale, dont chacune des têtes est pourvue d’un capuchon déployé. C’est le serpent Shesha, dont le nom signifie "Reste". Il est appelé aussi Ananta, "Sans fin". Ce serpent symbolise la réserve d’être qui demeure une fois que les mondes avec leurs habitants ont été formés, extraits des eaux cosmiques primordiales. À ce titre il est aussi le point d’appui, la base sur laquelle repose le cosmos, ou la terre, qu’il soutient et entoure de ses anneaux innombrables. Inversement, quand un cycle cosmique se termine, l’univers n’est pas à proprement parler anéanti, mais il subit une sorte de résorption (pratisamcara) ou de dissolution dans le liquide informe antérieur à toute origine : le serpent Reste demeure lui aussi, portant sur ses anneaux le dieu Vishnu plongé dans un sommeil yogique. Du nombril de Vishnu endormi  [ parfois  Narayana] surgit un lotus et, de ce lotus, apparaît Brahmâ le dieu créateur, qui va donc procéder à la re-création du monde

Liens web

Narayana 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Narayana

Vishnou

http://expositions.bnf.fr/inde/arret/01_4.htm